jeudi 26 novembre 2009

Jean-François, Prins de Berlin

J'ai découvert Jean-François Prins pratiquement dès mon arrivée à Berlin en 2001. J'assistais à un concert "surprise", je m'était assis au bar croyant devoir partir assez vite. C'est alors que, derrière moi, j'entendis parler l'anglais avec un accent identifiable : c'était Jean-François Prins. Je lui adressais la parole et il me répondit en français. Quand le concert débuta et j'ai vite compris que j'aurais du faire le choix des banquettes confortables. Le guitariste et son quartette revisitaient quelques de standards, joués avec une naturelle fraicheur, une vraie attention, une certaine tendresse, en se les appropriant comme si il s'agissait ses propres compositions. Ses évocations, à l'aide d'un son clair de guitare qui passe au travers des harmonies de tant d'airs connus, sont exceptionnelles. Son talent de narrateur est remarquable. Son travail de composition mérite lui aussi l'attention... en particulier en trio, le musicien prend des risques, sans jamais s'éloigner d'une certaine tradition du jazz.
Renseignement pris, l'homme habite Berlin mais est originaire de Bruxelles où il s'est fait un nom. Il fréquente assidument les plus grands musiciens Belges et il jouit là bas d'une bonne notoriété. A New York, c'est avec des pointures que l'homme enregistre, en son nom ou en sideman. A la ville comme à la scène, c'est le partenaire de Judy Niemack, chanteuse exceptionnelle qui gratifie régulièrement les clubs berlinois (surtout le A-Trane) de sa présence.
Le 4 décembre à 22 heures au A-Trane, Jean-François Prins accompagnera Judy Niemack pour mettre en musique les paroles de la chanteuse... et souhaiter qu'il y ait, parmi ses chansons, les standarts du 21ème siècle ! La maison ne reculant devant aucun sacrifice, c'est Julia Hülsmann qui sera au claviers, Phil Donkin, un jeune talent (à suivre), à la contrebasse et Rainer Winch à la batterie.
Avec le Richard Rousselet Belgian All Star, Jean-François Prins est en ce moment en Belgique ou encore en tournée en Allemagne avec le Manfred Krug Berlin Jazz Orchestra.

dimanche 22 novembre 2009

Jazz Units ? Jazz Focus ? Le jazz festival du salon vert


Du 26 novembre au 18 décembre se déroule au Grüner Salon de la Volksbühne un festival qui porte soit le nom de "Jazz Units", soit celui de "Jazz Focus"... peu importe le nom, le résultat est le même : une kyrielles de musiciens allemands passeront par cette salle, qui a la particularité de disposer pour son public de vrais gros fauteuils confortables. Comme dans un salon, quoi. L'arrière de la salle est réservée aux arrivants tardifs, ceux qui resteront au bar ou s'assiéront sur des tabourets. Je me réjouis d'être à nouveau dans cette salle très particulière, réservée habituellement à d'autres genres musicaux. Et le programme est vraiment, vraiment bien :
Le 26 novembre, 21 h : le duo "Favo" de Falk Breitkreuz et Volker Schlott rencontrent le Oli Bott String Orchestra,
le 2 Décembre à 21 h, le festival présente "la scène berlinoise sur ECM" avec Julia Hülsmann Trio et Cyminology,
le 9 Décembre : le groupe du batteur Oliver Steidle "Soko Steidle" rencontre Das Rosa Rauschen du saxophoniste Felix Wahnschaffe.
Le festival se conclura le 18 décembre par une nuit de musique avec au programme : le trio de Mischa Schumann, le duo Uwe Kropinsky et Joe Sachse "Hey Joe" en hommage à Jimmy Hendrix, le all-stars des Berliner Composers Orchestra du pianiste Carsten Daer, le quartett du joueur d'orgue Hammond Bernd Spanier et le quartette de la chanteuse Marie Séférian qui remporta le Jazz Award 2009.
Le programme détaillé se trouve en allemand à cette adresse. Bon concerts !

mardi 17 novembre 2009

Un festival au féminin : "Ladies First !"


La Jazzwerkstatt Berlin-Brandenburg présente une nouvelle série de concerts qui essaiera de faire mentir l'adage selon lequel il y aurait peu de femmes dans le monde du jazz. Le festival porte en conséquence ce nom : "Ladies First !" et invite des créatrices de jazz pour ce qui sera une longue fin de semaine 25 au 28 novembre. Tout d'abord, pour ouvrir les festivités : Carla Bley sera avec the Lost Chords (Carla Bley - piano, Andy Sheppard - sax, Steve Swallow - e-bass et Billy Drummond - batterie) au Babylon : Mitte le 25. L'arrangeuse et chef d'orchestre est une légende vivante, qui a souvent écrit et arrangé pour big band. Elle se produit ici en comité restreint. Dommage que l'invité régulier des Lost Chords, Paolo Fresu, soit absent de cette date berlinoise. Voici un article récent dans Citizen Jazz.
Le 26, à l'Aufsturz, se produira le sextette d'Anke Lucks "Gleichwiederda" (Anke Lucks - trombone, Steffen Faul - trompette, Alexander Beierbach - saxophones, Berit Jung - contrebasse, Fee Stracke - piano, Hampus Melin - batterie) qui puise son inspiration dans les rythmes et les mélodies de plusieurs parties du monde et s'en arrange...
Le 27, le groupe "Shoot the moon" de la saxophoniste Almut Schlichting fera à l'Aufsturz une nouvelle tentative... de tirer sur la lune, et arrivera probablement à l'atteindre tant la poésie est présente dans ses mélodies. La chanteuse Winnie Brückner, aussi chanteuse du groupe Glücklich1, apporte une touche intéressante, à l'égal des autres musiciens de la formation.
La collaboration avec l'association Jazzkeller69 a été fructueuse, celle-ci ajoute son grain de sel en invitant le 28, toujours à l'Aufsturz, le trio de la trompettiste Birgit Ulher accompagnée de Willehard Grafenhorst (contrebasse-balalaika, laptop) et de Wolfgang Schliemann aux percussions.
Le festival "Ladies First !" sera l'occasion de faire quelques découvertes... avec ou sans discrimination positive.

lundi 16 novembre 2009

Le salon d'Andreas Schmidt s'appelle le A-Trane

Pratiquement tous les lundis au A-Trane, Andreas Schmidt a carte blanche... D'aussi loin que je me souvienne, depuis plusieurs années, le pianiste occupe le créneau et invite la crème des musiciens berlinois à faire "le boeuf". De cette boîte à surprises sont sortis quelques projets et beaucoup de très bons moments... Ne vous y trompez pas, malgré cette régularité, l'homme ne fait pas dans le "pianiste d'ambiance" ou le "piano-bar", c'est un aventurier, un improvisateur, un chercheur, multi-facettes et multi-talents et vous pouvez compter sur lui pour "aller chercher" ses invités et les emmener sur des terrains glissants.
Dans un registre plus posé, ses collaborations avec l'actrice et chanteuse Katja Riemann, la formation Y Move de Yelena K ou bien encore le trio de Lisa Bassenge font partie des travaux réguliers... En quartette et sous son nom, un album vient de paraître : "Schmidt happens" où il apparait en compagnie du saxophoniste Peter Weniger, du contrebassiste Andreas Henze et batteur Kai Bussenius. C'est évidemment un live... au A-Trane ! D'autres sorties sont en préparation, notamment un hommage à Tristano avec John Schröder. Pour mieux appréhender la diversité de l'artiste, prenez le temps d'éplucher la page My Space afin d'y écouter ses productions. Et à lundi prochain, le 16 novembre, dans la rue "reste fidèle"... invité: Tobias Delius. L'entrée est libre !

Photo : Harald Kahn

dimanche 15 novembre 2009

Les Screaming Bitches sur les plages crèmeuses.

Non, très peu pour moi, je ne traduirai pas le nom anglais de ce groupe de quatre filles qui chantent. Oui, c'est un quatuor vocal qui évoque des préoccupations féminines ou raconte des histoires, avec humour, ou non, souvent en anglais, mais aussi en finnois et en français sur des arrangements assez libres et une approche en tout cas originale. Ça bouge, c'est frais, plein d'humour et de talents : Elena Dunkelman, Anu Junnonen, Jacobien Vlasman et Sophie Tassignon sont originaires de différentes région d'Europe et elles apportent avec elles le bagage culturel qui leur tient à cœur, ainsi que des orientations dans lesquelles le jazz et l'improvisation jouent un rôle non négligeable. Une alchimie, qui si elle est bien dosée, donne des résultats passionnants... Elles se risquent a capella dans bons nombre de lieux, Bruxelles, Anvers et Liège puis à Berlin, le 2 décembre au Café Tasso, le 4 au centre Finlandais puis le 6 à la Haus der Sinne.
Les "Screaming Bitches", qu'on ne ratera qu'avec un mot d'excuse de la mère supérieure...

vendredi 6 novembre 2009

Le sens du collectif : Kollektiv Nights 2009 du 27 et 28 Novembre 2009

Deux nuits pour sept artistes berlinois et leurs projets, c'est ce que propose le Jazz Kollektiv Berlin fondé en 2007. L'idée d'un collectif n'est pas neuve dans le jazz, elle fédère les énergies, développe les rencontres et libère la créativité. Berlin ne peut que se réjouir de l'apparition du Jazz Kollektiv Berlin. Une des premières actions de celui-ci fut de créer les Kollektiv Nights qui ont vocation à se renouveler chaque année. Cette année encore, les 27 et 28 Novembre 2009, les sept concerts des sept artistes membres se tiendront à la Theaterkapelle, l'église transformée en théâtre de la Boxhagenerstr. 99 dans le quartier de Friedrischshain.
Un changement de lieu a mis l'évènement pour une courte période en difficulté : le RAW Tempel de la Revalerstr., groupement d'associations libres, sorte de centre social et culturel dans des locaux loués à la ville de Berlin qui les a revendus, ont été sommé par le nouvel investisseur de vider les lieux. Le Jazz Kollektiv, qui l'an passé avait investi la belle salle de spectacle du RAW, a dû en urgence chercher une alternative. La Theaterkapelle est plus petite, mais les Kollektiv Nights ont trouvé un toit, ce qui n'était pas gagné d'avance dans des délais aussi courts.
Voici les artistes qui composent le Jazz Kollektiv et le projet qu'ils présenteront le 27 et 28 Novembre.
Ronny Graupe est guitariste, son groupe Hyperactive Kid, avec Philip Gropper (saxophone ténor) et Christian Lillinger (batterie) existe depuis quelques années maintenant. Ronny Graupe et Philip Gropper sont tous les deux membres du Kollektiv.
Johannes Lauer est tromboniste et malgré son jeune âge (né en 82), il compose et dirige occasionnellement pour un big band le "Lauer Large". Il sera présent en duo avec Johanna Borchert, pianiste et compositrice de son état qui jouera le 27 du Fender Rhodes, du clavecin, de l'harmonium et chantera.
Marc Schmolling est un des fondateurs et membres actifs du Kollektiv. Il est pianiste et le groupe qui interviendra avec lui s'appelle : "La Blue, Five out" et est composé de Magnus Schriefl (trompette), Wanja Slavin (saxophone alto), Gerhard Gschlössl (trombone), Petter Eldh (Basse), Marc Lohr (batterie) et de Marc Schmolling (Fender Rhodes)
Le clarinettiste Daniel Glatzel est compositeur et leader du Andromeda Mega Express Orchestra. Son savoir-faire sera à savourer en duo avec le batteur Andreas Haberl.
Le 28 Novembre, Wanja Slavin, saxophoniste alto et clarinettiste interviendra en solo et nul doute que le talent du maestro puisse maintenir l'intérêt pour la durée d'un concert...
Le tromboniste Gerhard Gschlössl et son trio contrebasse, Johnnes Fink, batterie, Matthias Rosenbauer appelé "Der Moment" n'a pas besoin de traduction. Tous sont de grands improvisateurs et laissons donc le moment nous surprendre.
Un autre grand saxophoniste alto conclura les nights : Felix Wahnschaffe avec un trio appelé "T.B.C." composé de Jan Von Klewitz (saxophone alto) et Gerhard Gschlössl (trombone) décidément mis à contribution.
Il est possible de réserver des places, elles coûtent 12/10 euros par soirée.

jeudi 5 novembre 2009

Studnitzky, un peu de trompette dans un monde de brutes.


Multi-instrumentiste trompettiste, pianiste et berlinois, Studnitsky n'a plus grand chose à prouver... Il est un des maîtres du nu-jazz de la scène allemande. Sa musique est moderne teintée de pop, aérée et colorée, à consommer sans modération. Ces projets sont propres et réussis, le trio est remarquable et le Triband un projet plein d'avenir dans la foulée d'Anja Garbarek. Studnitsky Trio sera pendant trois soirs au A-Trane, avec invités, dans le cadre du JazzFest 2009, avant de partir en tournée en Europe et Asie. Le cd du Trio qui s'appelle "Trio" fut enregistré avec Dieter Ilg et Wolfgang Haffner. Ces stars overbookés sont remplacées en général par Paul Kleber (contrebasse) et Sebastian Merk (batterie). Les ingrédients sont là pour passer une très bonne soirée !

mercredi 4 novembre 2009

Fee Stracke, concert du 3 novembre au Lagari

Le Lagari est une salle très agréable, un "café du coin" comme il en existe beaucoup à Berlin. Son enseigne lumineuse au milieu d'une partie très tranquille et grise de Kreuzberg attire les noctambules comme les papillons de nuit. La salle est très agréable et intime, l'acoustique y est très bonne, les prix y sont au mieux et la carte très variée. Le groupe de Fee Stracke, "Vertreibung aus dem Paradies" (éviction du paradis) composé de Valentin Gregor (violon et alto), Oliver Fox (saxophone et clarinette), Sergio Gomez (e-bass) et Hampus Melin (batterie) était programmé ce mardi. Il y a longtemps que je m'étais promis d'aller écouter cette pianiste très jeune et déjà leader de projets ambitieux. Ses compositions mettent en avant les mélodies longues, avec parfois des parfums de "terroirs" celtes ou Klezmer... les sons du violon et de la clarinette mélangés confirment en tout cas la volonté de s'ancrer dans une tradition mais appliquent quelques schémas surprenant d'un certain jazz fusion. Meilleurs dans les tempos rapides, les interprètes s'avèrent à la hauteur de la tâche, le dialogue Gregor / Fox mérite à lui seul le déplacement. Deux vidéos sont à voir ici et . Un projet à encourager en allant le 14 novembre au Fincan Altenbraker Str. 26 / Ecke Nogatstr. ou en achetant les deux cd publiés.

lundi 2 novembre 2009

Enfin des concerts à Berlin : programme du mois de novembre.


Au côté du tapis rouge déroulé pour les stars du JazzFest Berlin 2009 que j'ai déjà évoqué, l'offre de réflexions jazzistiques ne s'amoindrit pas. Et ce mois-ci, à votre place, je ne raterais pas Julia Hülsmann Trio qui n'est pas rare, ni chère, le 10 au Verve Club, Schiffbauerdamm 11 et le 2 décembre pour le Jazz Units au Grüner Salon. Le projet d'une autre pianiste de grand talent Fee Stracke (en photo ci-dessus) sera joué une fois au Lagari, le 3 et une fois au Fincan, le 14. Jamalaadeen Tacuma passe nous voir au A-Trane le 15, le trompettiste Alex Sipiagin (que je croyais plus souvent voir au Smalls NYC) jouera avec la formation du saxophoniste Jürgen Hagenlocher au B-Flat le 22. Le Gerald Clayton Trio remet le couvert ici à Berlin mais cette fois au Verve club le 24. Et pour clore ce mois de novembre... deux festivals : le premier, "Ladies First" organisé par la Jazzwerkstatt, s'ouvre avec rien moins que Carla Bley et les lost chords le 25 au Babylon Mitte. Et vous retrouverez une annonce dans les chroniques de Jazz à Berlin. Le deuxième festival est celui du Jazz Kollektiv "Kollektiv Nights", qui après quelques turbulences concernant le lieu, a définivement trouvé un toit pour le 27 et 28 à la Theaterkapelle de Friedrischshain.
Tous ces concerts et bien d'autres à retrouver dans ma sélection de concerts ou sur la page de la Jazzinitiative Berlin ou sur Echtzeitmusik et bien sûr, sur la page des clubs eux-mêmes. Ceux qui ont l'occasion d'aller en France pourront consulter Jazz à Paris, JazzOcentre ou bien encore Z et le Jazz, des nouvelles du Québec se trouvent chez Jean-François et pour la Belgique cliquez chez Jazzques.

vendredi 30 octobre 2009

Gebhard Ullmann, l'art de souffler dans les bois.

Quelle bibliographie possède ce musicien incroyable qu'est Gebhard Ullmann ! Il est né en 57, il est saxophoniste, clarinettiste et flûtiste, habite et aime Berlin. C'est un des musiciens les plus innovateurs de la scène berlinoise, "connu sans l'être" mentionne le magazine Citizen Jazz dans une interview de 2006. Gebhard se défend des étiquettes et comme il a raison ! Sa musique est inclassable... ancrée dans son temps, puisant dans le passé... et plongeant dans l'inconnu. Le mieux c'est comme toujours de l'écouter : ici sur myspace ou sur son site et puis ensuite, pour mieux comprendre que l'on n'a rien compris, se rendre au concert du BassX3 où Gebhard Ullmann jouera avec le fabuleux Chris Dahlgren et l'extraordinaire Clayton Thomas le 4 Novembre à la Jazzwerkstatt... Deux basses et une clarinette basse. Pas banal.

J'attends avec impatience qu'il fasse visiter Berlin au Basement Research Quintett (The "Basement Research" quintet : Julian Argüelles, Gebhard Ullmann, Steve Swell, John Hebert, Gerald Cleaver) mais on se contentera le 2 décembre du "Clarinette trio" (Photo de Johannes Barthelmes ci-dessus) avec Jürgen Küpke et Michael Thieke à la même Jazzwerkstatt, Knesebeckstr. 33...

lundi 26 octobre 2009

JazzFest Berlin 2009 !

Eh bien oui, eh bien voilà, cette année, à nouveau, le JazzFest de Berlin approche... Avec pour directeur artistique Nils Landgren, il comporte autant de têtes d'affiches que possible, de John Scofield à Terence Blanchard et de Paolo Fresu à Hank Jones, le tout entre le 4 et le 8 Novembre. Une livraison toute fraîche d'artistes forcément très intéressants, dont beaucoup sont américains, mais pas seulement, les nationaux de JazzXchange sont aussi programmés et le local de l'étape Studnitzky trio (photo) sera au A-trane, comme si de rien n'était. Voyez le programme vous-même en PDF.
Pour ceux qui découvrent le festival par ces lignes, il est encore temps de courir acheter des places. J'ai souvent manqué de présence d'esprit et rarement le privilège de m'asseoir dans les sièges en velours.
Les prix sont encore raisonnables (Vijay Ijer ou Yaron Herman pour 18 €, le concert le moins cher coûte 12 €, le plus cher 50 € mais pour ce prix là il y en a souvent trois dans la soirée) et les concerts dans des endroits aussi divers que variés : les clubs habituels A-Trane et Quasimodo sont de la partie mais aussi le Judische Museum ou la salle de concert du Jazz Institut Berlin. Le centre du cyclone est localisé à la Haus des Berliner Festspiele qui accueille les concerts les plus importants.
Pas de français dans la programmation cette année... à part Eric Truffaz, qui a bien failli être suisse. Qui d'autre ?
Bons concerts !

dimanche 25 octobre 2009

L'anniversaire de Tristan Honsinger à l'Aufsturz

Une bien belle fête en vérité... L'Aufsturz affichait complet pour ce concert organisé par la Jazzkeller 69. Tristan Honsinger avait 60 ans le 23 Octobre. Beaucoup de musiciens ont fait le déplacement, se joignant à un public curieux ou averti.
Tristan Honsinger est un phénomène... Violoncelliste, il s'intéresse très tôt à la musique improvisée, il s'illustre chez le pianiste Cecyl Taylor ou bien encore avec le guitariste Derek Bailey comme partenaire régulier sur de très longues périodes. C'est un artiste complet, qui ajoute à la prestation sonore le jeu dramatique et l'aspect théâtral a toujours fait partie de ses apparations publiques. Le concert de vendredi n'a pas fait exception : entre les interventions de ses collègues artistes, l'homme se lève et déclame, se met en scène.
Né dans le Vermont et parti pour l'Europe en 1974, il est aujourd'hui basé à Amsterdam où il fait partie entre autres du ICP (Instant Composers Pool) dont voici une vidéo avec Anthony Braxton pour invité.

Ce vendredi à Berlin, le concert prit la forme d'une "session" où les groupes se sont formés au gré de la soirée. Alexander Von Schlippenbach et Sve Ake Johannsson formaient une base. Des personnages musiciens se sont ajoutés à cet éffervercence... tel Tobias Delius et quelques apparitions surprises.Le tout s'est terminé fort tard, je vous l'assure.
Tristan Honsinger sera ce dimanche soir 25 Octobre au café Wendel accompagné de Christian Lillinger, Henrik Walsdorff et Antonio Borghini. Lundi 26, il sera au Staatplaat avec Oscar Jan Hoogland (electric clavicord) et Dario Fariello (alto sax, viola)

dimanche 18 octobre 2009

Sophie Tassignon s'installe au théâtre


J'avais déjà parlé des musiciens belges de Aka Moon, embauchés pour la musique d'une chorégraphie... C'est cette fois l'artiste Sophie Tassignon qui fera des voix dans une pièce tirée du Roman de Olga Tokarczuk "Taghaus, Nachthaus". L'auteure du Roman est elle-même polonaise et la pièce sera jouée en allemand au théâtre Eigenreich (Greifswalder str. 212/213 à Prenzlauer Berg)
Marta, jouée par l'actrice Friederike Frerichs, fabrique des perruques dans un lieu perdu loin de tout. Elle est habitée de plusieurs personnages qui sont aux frontières du réel, entre rêve et éveil, vie et mort. Véritable mémoire du lieu où elle vit, Marta nous raconte ses histoires aux frontières entre la maison du jour et la maison de la nuit. La pièce est mise en scène par Elżbieta Bednarska.
La première aura lieu le 22 octobre, puis sera jouée tous les soirs jusqu'au 25, puis du 29 au 1er novembre.
Mes meilleurs voeux de succès !

samedi 17 octobre 2009

Gerald Clayton - Concert du 14 Octobre au A-Trane par Loopdilla


Loopdilla est un Français à Berlin, passionné de musique. Il donne ici quelques impressions du concert de Gerald Clayton...
Le pianiste new yorkais Gerald Clayton, accompagné de son trio étaient de passage, mercredi soir dans la capitale allemande (au A-Trane), pour nous présenter son dernier album "Two Shade" paru en juillet dernier, grâce au site Artist Share.
Indisponible de dernière minute, Joe Sanders fut finalement remplacé par le très appliqué
Alan Hampton à la contrebasse. Nos deux compères étaient accompagnés à la batterie de l'excellent Justin Brown. La musique fut à l'image de nos garçons: multiple et généreuse. Les mélodies parfaitement amenées par Clayton (All Natural, Peace for a moment) laissèrent la place à la mélancolie le temps d'un titre (Sunny day go) ou encore au swing version Oscar Peterson.
L'enseignement de la soirée restera la complicité géniale entre Clayton et Brown. Quel dialogue! Ce duo nous rappelle les autres "paires new-yorkaises" que sont Robert Glasper / Chris "Daddy" Dave ou encore Jason Moran / Nasheet Waits, qui eux aussi arrivent à sublimer un jazz autant influencé par Monk que par le hip hop de "The Roots" ou encore du regretté Jay Dee.
Quand la musique du père retrouve celle du fils pour le plus grand plaisir de nos saints esprits - Amen!
 


vendredi 16 octobre 2009

Slavin / Lauer / Pechlof en concert au Café Tasso le 11.10


Alors que je faisais le bilan de cette soirée, j'énumérais les raisons qui m'ont poussé à aller à ce concert. Il y en a beaucoup ! Alors voilà, j'énumère : c'est déjà le nom de Wanja Slavin que j'ai remarqué sur les affiches du Café Tasso. Ce saxophoniste alto a déjà captivé mon attention lors de précédentes prestations. Le cadre du café est par ailleurs très agréable et l'acoustique est excellente, ce qui est plutôt rare dans des lieux qui ne sont pas pensés pour la musique. Les concerts sont gratuits et les produits et boissons sont bio. Il y a des étagères de livres à disposition tout autour, c'est aussi un magasin de livres d'occasion, alors on profite du temps avant et pendant la pause pour feuilleter des vieux livres. Ça faisait longtemps que Pierre Rossignol m'avait contacté, il gère et fait la programmation de ce "café culturel"... et c'est un français à Berlin. La formation en trio de ce dimanche était par ailleurs très intéressante : outre Wanja Slavin, il avait Johannes Lauer, un jeune et talentueux tromboniste et aussi Kathrin Pechlof, harpiste. Du talent, du son, un assemblage hors du commun pour cette soirée... qui tint ses promesses ! Ce fut un beau voyage dans des sonorités inhabituelles de la harpe de Kathrin Pechlof, tenant dans un écrin les discours des compagnons de route, Johannes Lauer, tromboniste incroyable et un Wanja Slavin surprenant par son calme (et un son !!!). Trois chefs pour une cuisine trois étoiles...